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dimanche 2 juin 2013

Fusillade à la Banque Centrale du Congo à Kinshasa, Adrien MPIANA visé

banque centrale bccUne scène digne d’Hollywood a étonné et révolté plus d’un témoin dans la matinée d’hier mercredi 29 mai 2013 à l’Hôtel de Monnaie.

Vers 9 heures, un homme en civil, armé et accompagné d’un chien, a surgi de nulle part et ouvert soudainement le feu en direction d’Adrien Mpiana, Inspecteur des Finances à la Présidence de la République et analyste financier à la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF). Touché à la jambe droite, cet expert d’une quarantaine d’années est tombé, avant de se mettre à ramper et réussit tout même à entrer dans le bâtiment.

Affolés par les coups de feu, les agents de l’Hôtel de Monnaie qui tramaient encore dans la cour ont pris leurs jambes au cou. Les policiers commis à la sécurité du lieu ont fait la même chose…

Pendant ce temps, le snipper essayait de recharger son artillerie afin d’achever sa cible. C’est en ce moment-là, rapporte un témoin, qu’un garde du corps du gouverneur de la Banque Centrale du Congo (BCC) s’est pointé et a fait la sommation d’abattre le tireur s’il refusait de déposer son arme. « Mbongo na biso ! Mbongo na biso » criait-il en lingala!(Notre argent! Notre argent !).

Maitrisé et dépouillé de son arme à feu, le mitrailleur a été soumis à un interrogatoire serré sur place afin de connaitre les mobiles de son actif. Pout toute réponse, il a indiqué avoir pris sa « proie » pour Jean- Pierre Bemba ! «Oui, mais pourquoi cherchez-vous à tuer Jean-Pierre Bemba ? ». Question qui n’a pas trouvé le moindre début de réponse, jusqu’à son acheminement au camp Tshatshi. Dans ce lieu de cantonnement des militaires, a-t-on appris plus tard, cet individu aurait justifié son acte en affirmant que sa cible avait fait arrêter son frère. Bref, que de déclarations contradictoires…

Jeune homme présentant la même morphologie que le leader du MLC, Adrien Mpiana a quant à lui été acheminé à la clinique Ngaliema à Gombe, grâce à une ambulance de la BÇC. Sur place, les médecins ont diagnostiqué que la balle a seulement transpercé la jambe droite, ne touchant pas miraculeusement l’os.

Des interrogations

Pour de nombreux observateurs, cet évènement a tout l’air d’un attentant car les balles ont été tirées dans la seule direction de l’infortuné inspecteur des Finances à la Présidence de la République. Seule victime de cette matinée noire, Adrien Mpiana se demande pourquoi seulement lui. Ignorant totalement les raisons de son agression, il s’inquiète davantage de l’existence de quelques relais de son agresseur. A-t-il agi seul ou en connivence avec des complicités internes ? Qui lui en veulent? Est- ce à cause de son travail de contrôler des finances publiques ?

Toutes ces questions n’ont, pour l’instant, reçu aucune réponse concrète. D’où la nécessité de l’ouverture d’une enquête sérieuse afin de tirer cette affaire au clair. Somme toute, cet incident malheureux survenu dans un coin névralgique de la ville, la BCC, située à un jet de pierre de la Présidence de la République, suscite davantage d’interrogations et confirme qu’il y a une grande insécurité à Kinshasa. Les limiers devraient expliquer comment cet individu est parvenu à accéder dans cet endroit sensible où même les véhicules sont formellement interdits de stationnement.

Par ailleurs, comment expliquer l’absence de réactivité des policiers commis à la sécurité de l’Hôtel de Monnaie, arrivant même jusqu’à abandonner leur poste au moment des coups de feu ? L’opinion publique attend vivement un éclairage à toutes ces interrogations. Affaire à suivre.

Par Tshieke Bukasa

jeudi 30 mai 2013

Aqmi : Mokhtar Belmokhtar, employé pas modèle

Mokhtar Belmokhtar a rompu avec Aqmi au cours de l'automne 2012.

Mokhtar Belmokhtar a rompu avec Aqmi au cours de l'automne 2012. © AFP

Une lettre de dix pages, découverte dans un immeuble à Tombouctou, au Nord-Mali, révèle les dessous de la rupture houleuse entre le jihadiste Mokhtar Belmokhtar et Aqmi. Outre les nombreux reproches adressés au "Borgne" par ses anciens chefs, ce document fournit des éléments précieux sur le fonctionnement interne de l'organisation terroriste.

La lettre adressée à Mokhtar Belmokhtar a été découverte par des journalistes d'AP dans un immeuble anciennement occupé par des responsables d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) à Tombouctou. Le texte, d'une dizaine de pages dactylographiées en arabe, est daté du 3 octobre 2012, soit quelques jours avant le divorce entre Aqmi et son influent lieutenant sahélien.

Ce document est signé par les 14 membres de la Choura (le conseil consultatif) d'Aqmi et a été authentifié par trois experts de l'antiterrorisme. Il répond à une première missive de Mokhtar Belmokhtar, dans laquelle il menaçait de faire sécession. « Votre lettre (…) contient beaucoup de médisance, d'insultes et de railleries, commencent les responsables d'Aqmi. Nous nous sommes refusés à nous lancer dans cette bataille par le passé, espérant que les hommes corrompus retrouverait le droit chemin facilement (…) mais la blessure continue de saigner, et a en réalité déjà énormément saigné, jusqu'à ce que votre dernière lettre arrive. Elle met un terme à tout espoir d'étancher la plaie et de la soigner ».

Indiscipliné

Au fil des pages, décomposées en trente points, les dirigeants de l'organisation terroriste égrènent les nombreux torts qu'ils reprochent à Mokhtar Belmokhtar. D'après eux, leur ancien lieutenant était particulièrement indiscipliné et peu fiable. Ils écrivent notamment que « Le Borgne » répondait très rarement à leurs appels téléphoniques ou refusait de renvoyer les notes de frais que doivent remplir les émirs d'Aqmi. Les membres de la Choura reprochent surtout à Belmokhtar de vouloir court circuiter leur relation avec la maison-mère Al-Qaïda, avec laquelle la branche maghrébine n'a été en contact que « quelques fois » selon le document.

Un épisode illustre le comportement indiscipliné de l'ancien lieutenant d'Aqmi. Lors de la libération de deux diplomates canadiens, en 2008, au Niger, Mokhtar Belmokhtar a fait cavalier seul et empoché 700 000 euros sans attendre les ordres de son commandement. « Plutôt que de suivre le plan que nous avions mis au point, il a mené l'affaire comme il l'entendait. Ici, nous devons nous interroger : qui a mal géré cet enlèvement important ? [...] Est-ce que ça vient du comportement unilatéral de notre frère Abu Abbas [le nom de guerre de Belmokhtar, NDLR], qui a mené à une insuffisance éclatante : échanger un colis des plus important (des diplomates canadiens !) pour un prix des plus ridicules (700 000 euros !) ».

Otages

La lettre découverte par AP confirme également que les rançons payées pour libérer les otages financent directement l'achat d'armes et l'organisation d'attaques terroristes. Les responsables d'Aqmi s'interrogent ainsi sur l'utilisation d'une « somme considérable » qu'ils ont envoyé à leur lieutenant rebelle pour se procurer du matériel militaire. Le texte souligne aussi la relation tendue qu'entretenait « Le Borgne » avec les autres responsables d'Aqmi au Sahel. « Pourquoi les différents émirs de la région n'ont des problèmes qu'avec toi ? Toi, en particulier, à chaque fois ? Ont-ils tous tort, et notre frère Khaled, raison ? s'interrogent les leaders d'AQMI. Abou El Abbas ne veut suivre personne. Il ne veut qu'être suivi et obéi. »

Les auteurs ne se tromperont pas sur ce point. Quelques semaines après la réception de cette lettre, en novembre 2012, Mokhtar Belmokhtar annonce qu'il sort du giron d'Aqmi pour lancer sa propre katiba, baptisée « Les Signataires par le sang ». Trois mois plus tard, en janvier 2013, il revendique l'attaque meurtrière contre le site gazier d'In Amenas, en Algérie. Annoncé mort par plusieurs sources, il signe son retour mi-mai, avec un double attentat sanglant contre un site d'Areva, à Arlit, et une base militaire, à Agadez, dans le nord du Niger. Un nouveau pied de nez à ses anciens boss, qui l'accusaient un peu rapidement de n' « avoir jamais mené une opération de grande envergure malgré des moyens considérables ».

Benjamin Roger

M23 – Le major Nkundi tué. Kigali abandonne son officier au front

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Les Fardc viennent d’infliger une perte grave à l’ennemi rwandais, déguisé sous le label du M23. Le major Nkundi Ukuru Butera a succombé de ses blessures mardi, avant d’être enterré à Rutshuru ; Kigali l’ayant simplement abandonné.

C’est donc une preuve de plus : ceux que l’on appelle communément M23 ne sont rien. C’est l’armée rwandaise (RDF) qui en est le moteur. Et Paul Kagame, dans sa politique de l’autruche, ne pouvait que renier l’appartenance de son officier pour ne pas laisser de traces, avant que Louise Mushikiwabo ne dédouane bientôt son pays par le biais des médias internationaux

Et comme ailleurs on s’apitoie plus sur la mort d’une vache que celle de l’être humain, ceux qui gardent encore ces rangs de la mort devraient réfléchir par deux fois et abdiquer avant l’extermination prochaine des apprentis sorciers obstinés.

Il s’appelait Nkundi Ukuru Butera, officier RDF (Rwanda Defense Forces ou Forces armées rwandaises), major de son état. Celui sur qui reposaient les espoirs du Rwanda en vue de la conquête de la Rdc par les soi-disant M23 n’est plus. Il a été grièvement touché mardi dernier par les vaillants Fardc, Forces armées de la République démocratique du Congo, avant de succomber de ses blessures quelques temps plus tard.

Et qui pis est, Kigali s’est retiré sur la pointe des pieds, laissant le corps raide de son ancien major gisant sur un sol poussiéreux. Aux dernières nouvelles, la dépouille mortelle aurait été ensevelie dans une tombe de fortune ; les Congolais sont tellement humains qu’ils enterrent aussi bien leurs morts que tous les morts, si d’ennemis soient-ils, contrairement aux autres qui organisent un deuil lorsque dans la ferme c’est une vache qui succombe !

Quand Kigali manque de cœur

Les autorités rwandaises n’ont pas de cœur. Non seulement quand elles s’en prennent aux voisins, comme c’est le cas dans l’Est de la Rdc. Des querelles intestines ayant pris des proportions inquiétantes sont légion dans l’actuel régime. Elles se traduisent entre autre par un acharnement politique, une véritable chasse à la sorcière contre les opposants,… c’est un secret de polichinelle.

Mais que doit faire un gouvernement lorsque l’un de ses vaillants hommes en mission suicide succombe sur une terre étrangère ? Sans tambour ni trompette, tous gardent, du moins pour le moment, la langue de bois. Connaissant les moyens ingénieux de sa politique, Kigali n’aura étonné personne lorsque sa ministre des Affaires étrangères se sera bientôt servie des ondes étrangères pour se dédouaner. Il ne sera donc pas surprenant qu’elle parle encore d’un militaire congolais, évoquant un scenario du genre montage de Kinshasa.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le donneur de leçon aura failli à sa mission première. Le gouvernement rwandais n’a pas été à la hauteur de ses engagements pour le moins patriotiques, s’assumant en cas de perte en vies humaines de ses hommes de troupes et autres officiers militaires déployés dans l’Est de la Rdc, aux côtés du M23. Investi d’une mission, le major Nkundi Ukuru Butera ne mérite pas le traitement lui infligé par sa hiérarchie, pense-t-on en en faveur des morts.

Une leçon qui interpelle

C’est un grand bois vert qui vient de tomber comme une feuille, au front, en faveur des ambitions inassouvies sur une terre étrangère, sans que les commanditaires ne s’en préoccupent. Et qu’en sera-t-il des bois secs ? Certes, leur sort est connu. Ils n’ont qu’à se renseigner sur le sort de tous ceux qui les ont précédés sur le même autel des ambitions démesurées. Toutefois, maintenant qu’une preuve supplémentaire vient d’être donnée en termes de présence militaire rwandaise aux côtés du M23, le Conseil de sécurité des Nations Unies ne devrait-il pas en tirer des leçons qui s’imposent et appliquer des sanctions idoines aux fauteurs de troubles, avant que l’on ne passe bientôt aux opérations de grande envergure après le déploiement effectif de la Brigade onusienne pour la paix.

Le Colonel Mamadou Moustafa Ndala rassure

Le Commandant de la brigade des FARDC qui va travailler avec la Brigade d’intervention des Nations Unies, le Colonel Mamadou Moustafa Ndala, est aussi chargé de la protection de la ville de Goma. Et c’est depuis 10 jours qu’il est à Goma. Il se veut plus que rassurant et déterminé à protéger la ville de Goma avant le début effectif du déploiement de la Brigade d’intervention des Nations-Unies. Il dit que la ville qui est tombée aux mains des rebelles du M23 en novembre 2013 ne retombera plus tant que lui est ses hommes seront chargés de sa protection.

Au cours d’une interview exclusive sur Radio Kivu1, le colonel Ndala a répété la petite phrase de M’zee Laurent Désiré Kabila qui disait en 1998 que « la guerre se terminera là où elle a commencé ».

Il est sûr d’abord comme Congolais que les rebelles du M23 ne peuvent plus piétiner dans Goma. « Je suis sûre, étant soldat et étant patriote, parce pour un militaire, pour aller à la ligne de front, il doit être sûre de lui-même. Avant d’engager une bataille, il faut avoir l’ambition de gagner », dit-il. Entant que protecteur de la population qui a tant souffert depuis des années, il pense que la victoire est du côté des FARDC. Et le M23 ne reviendra plus à Goma et là où il est, les FARDC sont déterminés à l’obliger de capituler de grés ou de force. C’est donc un devoir sacré, et même s’il faut verser le sang, ils le feront.

A la population de Goma, il dit qu’il est conscient qu’elle est sous stresse. Si les rebelles du M23 font du bruit, c’est parce qu’ils sont à bout de force. Il a demandé à la population de faire confiance aux FARDC.

L’Avenir via direct.cd

mercredi 29 mai 2013

Ça chauffe entre Etienne Tshisekedi et son fils Félix

Felix Tshisekedi

Etienne Tshisekedi a envoyé un message clair à son fils Félix. Il lui a fait comprendre que s’il décidait de siéger comme rapporteur au bureau de la CENI, ça sera sans sa bénédiction.

L’un et l’autre ne se sont pas parlés directement mais ont choisi d’exprimer leurs positions respectives via la secrétaire générale adjointe du parti socialiste suédois, Ingrid Rodin, venue, la semaine dernière, former les cadres de l’UDPS sur le leadership, à Notre Dame de Fatima.

Ingrid, elle-même, est favorable à ce que le parti tshisekediste intègre les institutions.

Ce qui fait qu’elle représente un appui sûr pour Félix Tshisekedi qui ne s’est pas gêné de prendre langue avec Samy Badibanga et ses députés, sitôt revenu au pays, au début de la semaine dernière. Au nom de cette communauté de vues, quelque chose s’est tramé avec la complicité de Badibanga pour faire des assises de Fatima le moment de la réconciliation entre l’aile dure de l’UDPS et ceux qui ont levé l’option de siéger dans la salle de congrès du Palais du peuple. Ingrid y a cru et a pris le courage d’introduire le débat devant les radicaux tshisekedistes quand elle a pris la parole.

«Nous avons la présence de nos députés qui siègent à l’Assemblée nationale.

Ils sont venus et veulent réintégrer le parti et participer au séminaire», a annoncé la Suédoise. Pendant qu’elle faisait son speech, les députés concernés étaient tapis non loin de là attendant le signal pour s’associer à leurs anciens camarades.
Samy Badibanga était même passé par là discrètement plutôt. Et lui, et les autres ne se contenteront que d’entendre la clameur de la salle pour comprendre que plus personne à la rue Pétunias ne veut entendre parler d’eux. Clameur adressée avant tout à Ingrid pour lui dire que si elle tient au partenariat entre son parti et l’UDPS, autant ne pas se mêler de la cuisine interne tshisekediste. Elle a beau insister mais l’auditoire s’est montré hostile à son exhortation sur la tolérance, le pardon, l’unité et l’amour.

Ça a commencé tellement à crier dans la salle et même à conspuer que la pauvre dame a dû quitter la salle qu’elle a regagné une heure plus tard. Si elle en doutait encore, elle a la preuve que nul ne pourra faire entendre raison à Etienne Tshisekededi à propos de sa décision de boycott contre les institutions issues des élections du 28 novembre. Nul et même pas son fils qui a dû comprendre par la même occasion que tenter de forcer la main à son père risque d’être suicidaire pour son avenir politique. Si jamais celui-ci venait à le renier publiquement, il ne restera qu’une coquille du nom Tshisekedi qu’il porte. A moins qu’il décide de jouer au casse-cou, pour ne pas dire d’accomplir le parricide.

Source: direct.cd

lundi 27 mai 2013

Paul KAGAME : “Le Rwanda n’a pas été fait pour moi”

Le président rwandais à Kigali, le 10 mai 2013.

RDC, France, opposition, gouvernance, CPI... L'homme fort de Kigali s'explique. Tout en laissant ouvert le débat sur son retrait (ou non) du pouvoir en 2017.

Il est un livre que Paul Kagamé, 55 ans, donne à lire à ses visiteurs tant il reflète, selon lui, la véritable image de son pays. Rédigé par deux Américaines enthousiastes, Rwanda, Inc. décrit la success-story de ce petit État de 11 millions d'habitants où une « gouvernance exemplaire », inspirée par un « leader visionnaire », a fait jaillir un modèle de réussite économique et sociale sur les cendres du génocide. Ce cliché n'en est pas un, certes. Célébrée par les bailleurs de fonds, portée aux nues par une poignée d'investisseurs américains pour qui bonnes affaires rime avec bonnes actions, médiatisée par Bill Clinton et Tony Blair, l'expérience rwandaise fascine tous les visiteurs - en particulier africains - du pays des Mille Collines. Mais ce pays qui, en moins de vingt ans, a basculé de la francophonie à l'anglophonie, langue de la mondialisation, est avec autant de régularité accusé d'être un « État garnison » à la politique extérieure agressive, dirigé d'une main de fer par un PDG autoritaire. Ce revers de la médaille, qui a valu au Rwanda une suspension de l'aide internationale en 2012 pour son intervention supposée en RDC (mais qui ne l'a pas empêché d'être élu pour deux ans au Conseil de sécurité de l'ONU), Paul Kagamé souhaite l'effacer. Joueur de tennis émérite, fan de l'équipe de football d'Arsenal et de son entraîneur français, Arsène Wenger, le manager général de « Rwanda, Inc. » a longuement reçu J.A. une matinée pluvieuse de mai, à Kigali.

Question : Les derniers mois ont été difficiles pour vous : accusations d'ingérence chez votre voisin congolais, suspension d'une partie de l'aide étrangère, rapports critiques d'ONG... Quelles leçons en avez-vous tirées maintenant que le gros de l'orage semble passé ?

Paul Kagamé : Peu de chose en réalité. Ce n'est pas la première fois que le Rwanda rencontre ce genre d'incompréhension à propos de la situation dans l’Est de la République Démocratique du Congo, et ce n'est pas la première fois que l'aide est suspendue à cause de cela. Les Rwandais ont appris à faire face à ces périodes difficiles. Les sanctions dont vous parlez ont été prises a priori, sur la base d'un projet de rapport de soi-disant experts de l'ONU, dont le Rwanda n'avait même pas été informé et sur la foi de rumeurs et d'allégations anonymes. Certes, les problèmes du Congo nous concernent dans la mesure où il abrite depuis dix-neuf ans une force armée revancharde issue du génocide de 1994 et qui n'a pas renoncé à « finir le travail ». Mais il appartient au gouvernement congolais et à la communauté internationale de les résoudre. Tout se passe comme si, ayant échoué, ils estimaient que le Rwanda devait payer pour cet échec. Nous ne l'acceptons pas.

Comment expliquez-vous que très peu de gens vous croient lorsque vous démentez toute interférence en RD Congo ?

Pourquoi a-t-on décidé de ne pas nous croire, alors que tout le monde s'accorde à reconnaître que les problèmes du Congo sont des problèmes fondamentalement congolais ? Qu'ils touchent à la gouvernance, à la citoyenneté, à l'identité de ce pays ? Pourquoi aussi peu de gens nous croient, alors que chacun se rend compte que la mission des Nations unies, qui était censée aider à rebâtir un État, ne sert manifestement à rien ? Pourquoi, depuis des années, la perception du Rwanda se base-t-elle non sur des faits vérifiés mais sur des communiqués de presse mensongers qui émanent d'ONG ou d'associations manipulées et qui sont complaisamment repris par les médias occidentaux ? Cette coordination antirwandaise, nous l'avons vue à l'oeuvre lorsqu'il s'est agi de nous empêcher d'être élus au Conseil de sécurité des Nations unies. Elle a échoué, bien sûr, mais je n'ai aucun doute : elle est prête à nuire de nouveau.

En réalité, le Rwanda pose problème pour deux raisons. La première est d'ordre psychologique et historique. La communauté internationale n'a su ni prévenir ni arrêter le génocide des Tutsis, encore moins gérer ses conséquences. D'où un lourd sentiment de culpabilité. Pour l'alléger, il faut que le Rwanda soit en permanence coupable de quelque chose. Phénomène classique : on soulage sa mauvaise conscience en attaquant. La seconde raison touche au rapport de l'Afrique avec le monde : de par son histoire spécifique, le Rwanda est en tête du combat pour une Afrique digne, libre, maîtresse de sa destinée et de ses ressources. Cela ne plaît pas à tous, c'est une évidence : « Ramenons-les à leur petit niveau », se disent-ils...

Le colonel Sultani Makenga, chef des rebelles du M23 à Bunagana, en juillet 2012.

© Marc Hoper/AP/SIPA

À en juger par la vivacité de votre réaction, vous avez perçu ces accusations comme un affront personnel...

Les Rwandais dans leur ensemble l'ont perçu ainsi. Nous ne sommes pas responsables des problèmes des autres, et ceux qui rêvent de nous rayer de la carte doivent savoir que chaque injustice nous rend plus forts.

Kinshasa doit d'abord balayer devant sa porte Ce n'est pas le travail qui manque...

Une force panafricaine de 3 000 hommes, dotée d'un mandat robuste, est en voie de constitution sous l'égide de l'ONU afin d'en finir avec les groupes rebelles de l'est du Congo. Est-ce enfin la bonne solution ?

Je crains que cela n'ait aucun sens, mais laissons-les essayer : le Rwanda ne s'y oppose pas, même si je sais à l'avance que cela ne résoudra rien. La solution doit être politique, parce que le problème est politique. En quoi une brigade d'intervention équipée de drones de surveillance est-elle un remède au déficit de gouvernance, d'infrastructures, d'institutions et d'administration dont sont victimes les populations ? Ce n'est ni le bon diagnostic ni le bon médicament. C'est tout simplement ridicule.

Reconnaissez pourtant qu'il est difficile de croire que les rebelles du M23 ne sont pas proches de vous...

Difficile pour qui ? Pour ceux qui ont décidé d'ignorer les faits, de publier des rapports biaisés et de ne pas nous écouter. Le M23 n'est pas mon affaire, c'est l'affaire du gouvernement congolais. Et puis, pourquoi cette obsession du M23 ? Il y a beaucoup d'autres groupes rebelles au Congo qui, apparemment, n'intéressent personne.

La suspension de l'aide étrangère vous a-t-elle pris de court ?

Non, nous ne sommes pas naïfs. Nous savons très bien que l'aide dépend du bon vouloir de qui la donne ou la retire, pour des raisons qui lui appartiennent. Nous avons protesté, mais nous avons pris acte. Se plaindre est inutile.

Va-t-elle bientôt revenir ?

Elle est en train de revenir peu à peu. L'aide est appréciable, bien sûr, d'autant que nous savons sur quels critères objectifs nous la méritons. Mais son utilisation comme moyen de contrôle politique est quelque chose que nous refusons. Notre combat quotidien est donc de réunir, étape après étape, les conditions qui nous permettront d'en faire l'économie.

Pour l'instant, 40 % de votre budget est alimenté par cette aide extérieure qu'il vous est arrivé de qualifier de « poison ». Comment être indépendant dans ce contexte ?

La vraie indépendance est un processus graduel. D'un côté, l'aide nous est précieuse ; de l'autre, ceux qui nous l'accordent souhaitent que nous ne puissions pas nous en passer. C'est une contradiction que nous ne parviendrons à surmonter que par le travail, la détermination et une vision claire de nos intérêts, donc de nos objectifs. Comprenez-moi bien : je suis tout à fait partisan d'un contrôle strict de l'utilisation de l'aide par les bailleurs de fonds. Vérifier qu'il n'y ait ni gaspillage ni corruption est la moindre des choses, et je crois qu'en ce domaine le Rwanda est exemplaire. Nous pouvons rendre compte de chaque dollar dépensé et nous le faisons. Mais quand les donneurs d'aide veulent se transformer en donneurs de leçons et décider à la place du peuple de l'identité de ses leaders ou de son avenir, il y a problème. Les raisons qui ont présidé à la suspension de l'aide au Rwanda en 2012 n'avaient aucun rapport avec ce à quoi cette aide est destinée : le développement économique et social.

L’emprunt international que vous avez lancé en avril dernier a été immédiatement souscrit au-delà de vos espérances, en dépit d'un contexte qui n'était pas favorable. Comment expliquez-vous ce succès ?

L’élection au premier tour du Rwanda comme membre non permanent du Conseil de sécurité, malgré une campagne hostile, représentait déjà une première victoire. Cette souscription, tout comme la réussite du fonds Agaciro, levé auprès de notre propre population, en est une seconde. Les investisseurs privés et le monde de la finance nous jugent sans oeillères sur ce que nous sommes réellement : un pays fiable, sérieux, en phase réelle de décollage, bankable. Ce n'est pas si fréquent.

C'est « l'effet Kagamé », a dit votre ami Tony Blair...

Si « effet Kagamé » il y a, c'est parce que les Rwandais croient en Kagamé. Et s'ils croient en lui, ce n'est pas parce qu'il est Kagamé, mais à cause de tout ce qu'ils ont accompli ensemble et qui a changé leur vie.

Votre pouvoir repose sur un parti ultradominant, le Front patriotique rwandais (FPR), qui est aussi un acteur économique majeur puisque ses fonds d'investissement pèsent plusieurs centaines de millions de dollars. Est-il sain qu'un mouvement politique soit à ce point impliqué dans les affaires ?

La dernière élection américaine a coûté 2 milliards de dollars [1,5 milliard d'euros], récoltés auprès de donateurs privés, au point que les cyniques affirment que le vainqueur a été celui qui a réuni le plus d'argent. Est-ce sain ? En Europe, partis et candidats doivent souvent mendier auprès des contributeurs pour survivre. Est-ce raisonnable ? Êtes-vous sûr que ce système ne suscite ni obligation ni dépendance, contraires à la transparence et à la démocratie ? Le problème des rapports entre l'argent et la politique n'est pas soluble dans les idées simples, et notre histoire, au FPR, est singulière. Dès le premier jour de notre lutte de libération, nous avons considéré comme cruciale notre indépendance financière. Personne, si ce n'est les patriotes rwandais, ne peut dire qu'il a financé notre combat. La guerre finie, nous nous étions préparés à assumer une période d'autosuffisance : nous savions que les caisses de l'État avaient été pillées et que l'aide internationale ne viendrait pas du jour au lendemain. Pendant quatre ans environ, c'est l'argent que le FPR avait placé hors du pays qui a permis de faire fonctionner l'État rwandais, de prendre soin des rescapés du génocide et d'importer l'essentiel : sucre, sel, savon, carburant, etc. Depuis quinze ans, la finalité de ces fonds a changé. Ils sont investis dans les secteurs stratégiques comme les télécommunications et les infrastructures afin de stimuler le secteur privé.

Comment faites-vous pour éviter les conflits d'intérêts dans l'attribution des marchés publics entre les sociétés contrôlées par le FPR et les autres ?

Le plus souvent, le FPR investit dans des activités qui, au départ, n'intéressent pas le secteur privé, mais que nous jugeons essentielles. Pour le reste, les sociétés contrôlées par le parti obéissent aux mêmes règles que les autres : elles paient leurs impôts, elles sont régulièrement auditées et les appels d'offres auxquels elles soumissionnent sont parfaitement transparents. Si ce n'était pas le cas, le Rwanda ne serait pas le quatrième pays africain au classement « Doing Business ».

Pensez-vous avoir éradiqué la corruption ?

Dans une large mesure, oui. La plupart des Rwandais ont désormais intégré une culture de la responsabilité qui a transformé leur mentalité. L'éducation a joué un rôle important, tout comme les mesures très strictes que nous avons prises pour lutter contre ce phénomène. Où que vous soyez, quel que soit le poste que vous occupez, l'impunité n'existe pas au Rwanda. En ce domaine comme dans tous les autres, le leadership doit être absolument exemplaire.

Kigali est la capitale d'Afrique la plus sûre pour les expatriés.

© Vincent Fournier pour J.A.

Autre problème : la croissance démographique. Avec plus de 400 habitants au km2, le Rwanda est au bord de l'asphyxie. Y a-t-il une solution ?

C'est à la fois un formidable défi et une formidable opportunité. Si, en quinze ans, la courbe de croissance de notre population est passée de près de 10 % par an à moins de 3 %, ce n'est pas en usant de la coercition, totalement improductive dans notre culture, mais en combinant la pédagogie et la persuasion. Le message est simple : adaptez la taille de votre famille à vos ressources, ne faites que les enfants que vous pourrez nourrir, soigner, éduquer. Près de 70 % des Rwandais ont moins de 30 ans... À condition d'investir massivement dans la santé, l'emploi et l'éducation, ce n'est pas un handicap, c'est une chance.

Le mandat du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha, en Tanzanie, va bientôt expirer. Quel bilan tirez-vous de cette juridiction ?

Très négatif, très critique. Non pas sur l'institution en tant que telle, mais sur ce qu'elle a produit et sur les influences qui se sont exercées vis-à-vis d'elle. Je préfère ne pas m'étendre sur ce sujet.

Il y a quelques mois, lors d'un passage à Bruxelles, vous avez déclaré que tous vos opposants en exil pouvaient rentrer au Rwanda. Pensez-vous réellement que Faustin Twagiramungu, Paul Rusesabagina, Emmanuel Habyarimana et d'autres, qui vous qualifient de dictateur, ne risquent pas d'être poursuivis en justice à leur arrivée à Kigali ?

J'ai effectivement dit qu'ils pouvaient revenir et que les conditions étaient réunies pour cela. La suite les concerne, eux et la justice rwandaise.

Donc si la justice a quelque chose à leur reprocher, ils sont susceptibles d'être inculpés, comme l'a été Victoire Ingabire ?

Tout à fait. Je ne vois pas sur quelles bases juridiques fonder leur immunité, encore moins leur impunité.

Êtes-vous prêt à négocier avec eux ?

Négocier quoi ? Ce qu'ils veulent tient en un mot : le pouvoir. Je ne le leur donnerai pas, en tout cas pas en dehors des voies légales prévues pour y parvenir. Il n'y a rien à négocier.

Dans un peu plus de un mois, il n'y aura officiellement plus de réfugiés rwandais à l'étranger, puisque le HCR a annoncé l'expiration de leur statut. Soutenus par Kinshasa, qui estime que les conditions de sécurité et de dignité ne sont pas réunies pour leur retour au Rwanda, certains d'entre eux ont protesté contre cette décision. Qu'en dites-vous ?

En quoi le gouvernement congolais est-il qualifié pour porter un jugement sur la situation interne du Rwanda ? Pourquoi parle-t-il au nom de ces réfugiés ? Kinshasa devrait d'abord balayer devant sa porte, et je crois que le travail n'y manque pas. Pour le reste, la fin du statut de réfugié rwandais démontre que les conditions qui ont présidé à son existence sont obsolètes. Mais nous ne forçons personne à revenir.

Je suppose que votre position hostile à la Cour pénale internationale (CPI) n'a pas varié...

Absolument. Il ne s'agit pas là de justice, mais d'un instrument au service d'intérêts à la fois extra-africains et désireux de contrôler l'Afrique.

Vous donnez donc raison au nouveau président kényan, Uhuru Kenyatta, qui demande à l'ONU de faire cesser les poursuites de la CPI à son encontre ?

Sans aucun doute. La CPI a tenté d'influencer le résultat de l'élection présidentielle, en vain. Le scrutin a été démocratique, de vrais progrès ont été accomplis sur la voie de la réconciliation. Ces poursuites n'ont plus aucun sens.

Entre la France et le Rwanda, pas de nouvelles vaut mieux que de mauvaises nouvelles.

Depuis votre première visite officielle en France, en septembre 2011, rien n'a bougé dans les relations entre les deux pays. La coopération est en panne. Pourquoi ?

L'histoire entre le Rwanda et la France a connu tant de péripéties négatives que le simple fait qu'il n'y ait pas de nouvelles est déjà une bonne nouvelle. Nous sommes ouverts à toute forme de coopération avec Paris, mais, à tout prendre, je préfère encore qu'il ne se passe rien plutôt qu'une énième régression.

Vous avez soutenu l'intervention française au Mali. C'était un geste envers François Hollande ?

C'était un geste en faveur du peuple malien. Nous n'avons pas soutenu la France, l'ancien maître ­colonial, en tant que telle. Nous avons ­soutenu l'action. Et nous aurions soutenu toute autre ­intervention capable d'éviter le pire au Mali.

Selon la Constitution, que vous vous êtes engagé à respecter, votre actuel et dernier mandat ­prendra fin en 2017. Pourtant, à lire les journaux qui vous sont proches, une campagne semble déjà s'amorcer en faveur de votre maintien à la tête de l'État. Allez-vous revenir sur votre décision ?

Premier élément : rien dans ce que j'ai dit ou fait jusqu'ici n'indique que je suis passé d'une position à une autre. Deuxième élément : le débat dont vous vous faites l'écho, je l'encourage. Y compris sur le fait de savoir si la porte du maintien de ma contribution sous sa forme actuelle doit rester fermée - ce que je souhaite - ou être ouverte. Mon opinion, qui est celle de tous les Rwandais, est que le changement est nécessaire car il s'inscrit dans la dynamique de gouvernance que nous avons choisie. Mais il doit obéir à deux conditions : la poursuite du progrès dans tous les domaines et la sécurité nationale. Que je reste ou pas, il s'agit là d'impératifs absolus.

En d'autres termes, si l'intérêt du Rwanda le commande à vos yeux, vous rempilerez en 2017 ?

Ni moi ni personne n'en est arrivé à cette conclusion. Le Rwanda d'aujourd'hui n'a pas été fait pour moi. Je dis simplement aux Rwandais : « Débattez, réfléchissez, faites des propositions en tenant compte des trois axes que je vous suggère : changement, progrès, sécurité. À vous de trouver l'articulation entre eux. »

En imaginant que vous soyez candidat à votre succession, vous savez ce que l'on dira : Kagamé s'accroche au pouvoir, Kagamé manipule...

... Kagamé est un autocrate, etc. Je sais tout cela. Qu'y a-t-il de nouveau ? J'ai beau dire que le pouvoir pour le pouvoir ne m'intéresse pas, des ONG répètent ce genre de choses depuis les premiers jours de mon premier mandat. Que voulez-vous que cela fasse aux Rwandais ?

« Personne en Occident, avez-vous dit un jour, n'a le droit ni le crédit moral de porter quelque accusation que ce soit contre moi et le peuple rwandais. » N'est-ce pas présomptueux ?

Non. Et ce que je dis vaut pour l'Afrique tout entière. Tant que l'Occident prétendra nous juger à partir de ses propres critères et de ses intérêts, tant qu'il prétendra nous dicter jusqu'à nos propres volontés, tant qu'il estimera que son mode de vie est le seul acceptable, ses accusations n'auront aucun fondement. Prenez l'une d'entre elles, sans doute la plus courante dans les pseudo-rapports d'ONG : « Les Rwandais ne sont pas libres. » Mais qui est allé poser la question aux Rwandais ? Transparency International et l'institut de sondage Gallup ont eu l'honnêteté de le faire ici, à Kigali. Réponse : 90 % des sondés disent avoir confiance dans leurs institutions. Fait-on aussi massivement confiance aux institutions dans une dictature ? J'en doute. Comment peut-on soutenir qu'un pays qui se classe au troisième rang africain sur l'index de liberté économique du Wall Street Journal et qui est l'un des très rares sur le continent où la croissance s'accompagne d'une vraie réduction de la pauvreté - 1,5 million de Rwandais en sont sortis ces six dernières années - n'est pas un pays libre ?

Les critiques ne s'adressent pas aux Rwandais. Elles s'adressent à vous. Rarement chef d'État aura suscité des réactions aussi extrêmes et contrastées...

Cela ne m'empêche pas de vivre et ne changera rien à l'heure de ma mort. Si vous voulez tout savoir, je dors très bien la nuit.

Source:  Jeune Afrique

Incroyable mais vrai ! Un paralytique emporté par des voleurs dans un carton

Matondo Simon alias Matos, paralytique de son état, domicilié au n° 15 de la rue Kitona, quartier Nkulu, dans la commune de Selembao, a été emporté dans un carton par des voleurs.

Le père de Matos venait d'acheter un grand nouveau téléviseur en couleur de marque Sharp. Les jeunes voleurs du quartier ont aperçu ce téléviseur au moment où le papa de Matos le faisait entrer dans la maison. Cette nouvelle acquisition a fait la joie de toute la famille.

Pour préserver jalousement son téléviseur des voleurs, le père de Matos a préféré le garder dans sa chambre à coucher après que toute la maisonnée ait pris sommeil. Toutefois, il abandonnait le carton au salon.

Matos qui passait la  nuit au salon, à la merci des moustiques, a jugé opportun de s'introduire dans le carton pour y passer la nuit. Après s'y être introduit, il le fermait soigneusement. Question de se prévenir des moustiques.

Trois jours après l'achat du téléviseur, deux voleurs du quartier, réputés fumeurs de chanvre, sont entrés dans la maison des parents de Matos, après avoir cassé la fenêtre. C'était vers 4 heures du matin.

Vite, les deux mécréants, mieux, les délinquants primaires ont emporté le carton, sachant pertinemment bien qu'il contenait le nouveau téléviseur en couleur. Ils l'ont amené chez leur congénère, domicilié au quartier Lonzo, dans la commune de Ngaliema où devraient se dérouler la veille des transactions commerciales relatives à la vente du téléviseur, loin de toute indiscrétion. Fiers d'avoir réussi leur coup, d'ores et déjà, les jeunes gens ont programmé l'achat de nouveaux habits aussitôt après la vente de leur butin. Une prime était également prévue au commissionnaire.

Le jeune paralytique, âgé de 15 ans, qui ne savait rien de tout ce qui se passait, dormait paisiblement dans son carton.

A la traversée de la rivière Makelele pour atteindre le quartier Lonzo, les jeunes voleurs ont effectué un mouvement insolite qui a tiré le jeune Matos de son profond sommeil. Il a résolu de sortir du carton pour voir ceux qui ont dérangé son sommeil. Il a ouvert brusquement, plutôt méchamment le carton.

Les jeunes voleurs ont pris leurs jambes à leur cou. Ils ont cru avoir affaire  à un revenant. C'est la débandade totale : le sauve qui peut. Ils ont abandonné le carton. Tous les espoirs fondés sur la vente du butin se sont évaporés.

Le paralytique Matos n'a rien compris de cette  histoire insolite. Il n'a pas réalisé également comment il s'est retrouvé à côté de la rivière. Toutefois, il a vu devant lui deux jeunes gens détaler à toute vitesse.

Les femmes qui allaient chercher du pain à la boulangerie ont surpris le jeune Matos se démener comme un diable dans un bénitier pour sortir  du carton. Leurs cris stridents ont alerté les hommes venus précipitamment à leur secours, croyant que les femmes étaient attaquées par des kuluna.

Les explications du jeune Matos ont convaincu l'assistance revenue entretemps sur le lieu. Elle a volé à son secours pour le ramener chez ses parents à l'adresse indiquée.

Pour une leçon, c'en a été une pour les deux jeunes voleurs. Ils ont compris que voler n'est pas bon.

samedi 25 mai 2013

Félix Tshisekedi chez Samy Badibanga

Felix Tshisekedi

Ambiance bon enfant jeudi 23 mai sur les hauteurs de Binza, à la résidence de Samy Badibanga, président du Groupe parlementaire UDPS et Alliés à l’Assemblée nationale, où les élus UDPS ont reçu la visite de l’honorable Félix Tshisekedi Tshilombo, fils d’Etienne TShisekedi, désigné candidat rapporteur de la CENI.

A l’aise au milieu de ses collègues abandonnés depuis sa décision de ne pas siéger à l’Assemblée nationale, en réaction au mot d’ordre de son père, Félix, élu dans la ville de Mbuji-Mayi, Kasaï Oriental, rentré mardi soir à Kinshasa à bord d’un régulier d’Air France, a paru clairement détendu, promettant d’examiner la question de sa désignation avec sa famille et les instances du parti, rapporte-t-on. L’agenda de Félix indique plusieurs activités relevant de ses attributions de secrétaire du parti chargé des Relations extérieures. Entre autres des séminaires et ateliers avec les députés de l’UDPS animés par des partenaires suédois de l’Internationale socialiste.

Choisi pour représenter l’UDPS à la centrale électorale alors que, selon certaines sources officielles du parti, la 10ème Rue Pétunias s’y oppose, Félix donne l’impression de connaître ses priorités. Ce n’est pas pour rien qu’il a accepté de diner avec les députés UDPS, chez son pote Samy Badibanga, ancien conseiller spécial avec rang de directeur de cabinet d’Etienne Tshisekedi. «Ce déplacement constitue tout un symbole et laisse présager une bonne suite», espère un parlementaire debout lassé par des querelles interminables à l’UDPS.

Il y a peu, Félix Tshisekedi a été officiellement désigné candidat rapporteur de la CENI par le groupe parlementaire UDPS et Alliés, à l’issue d’un vote dirigé par les alliés de l’UDPS à l’Assemblée nationale, notamment les députés MPCR Jean-Claude Vuemba, ECIDE Blaise Ditu Monizi, RECO André Masumbu et SET Basile Olongo.

Fabien Mutomb, élu UDPS de Lubumbashi, au Katanga, et Rémy Massamba, élu à Mont-Amba, à Kinshasa, sont respectivement le premier et le deuxième choix supplétifs.

Par direct.cd